Un poissonnier se reconverti dans le SEO

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Il est parfois des reconversions professionnelles étonnantes, et nombreux sont les exemples où des salariés, à bout de nerfs, quittent du jour au lendemain leur emploi pour suivre un apprentissage ou une toute nouvelle formation. Un phénomène marginal en France ? Détrompez-vous : selon un récent sondage, l'idée de la reconversion professionnelle ne fait plus peur aux français.

L'histoire que souhaite vous faire découvrir aujourd'hui l'équipe d'Actu SEO concerne l'une de ces reconversions, à la fois émouvante et courageuse : celle de Marcel Boulard, ancien poissonnier devenu référenceur indépendant.

Marcel Boulard dans son atelier SEO, à Chabiche-les-Vallons

Le pari risqué de Marcel Boulard

La cinquantaine, le cheveu dégarni et le sourire généreux, rien ne prédestinait Marcel au référencement naturel. Après une formation en poissonnerie, le jeune homme de 16 ans qu'il était alors s'est très vite installé à son compte dans le petit village de Chabiche-les-Vallons, en Ardèche. Pendant plus de 35 ans, Marcel Boulard fera prospérer ses affaires d'une main de maître, s'autorisant même l'ouverture d'une autre boutique dans le village voisin de Bouzin-les-Roustelles.

Un soir, le 3 janvier 2011 précisément, c'est le drame. De son propre aveu, Marcel se sent las. Installé dans une interminable routine, sa vie de poissonnier le déprime.

« Je me souviens très bien de ce soir-là », nous confie Marcel avec son accent du sud. « J'étais en train de préparer des flétans et puis, je me suis dit : "à quoi bon tout ça ?". Sans réfléchir, j'ai laissé tomber mes poissons pour prendre la voiture. J'ai roulé des dizaines de kilomètres sans m'en apercevoir ».

Le poissonnier arrive finalement à Montélimar au beau milieu de la nuit. Evidemment, rien n'est ouvert à 3 heures du matin. Marcel parvient néanmoins à dénicher un cyber-café ouvert 24h/24 et s’installe devant un ordinateur sans trop savoir que faire ; il n’avait jamais eu ce genre d’appareils chez-lui.

« La personne qui était avant moi avait laissé ouvert son onglet Firefox » nous raconte Marcel en prononçant le nom du navigateur à la française. « C’était une page de blogue qui expliquait comment gagner de l’argent en faisant des sites internet. C’est là que j’ai eu une révélation ».

Au petit matin, Marcel était revenu chez-lui des rêves plein la tête ; c’était entendu, il voulait faire des MFA et passer à l’ère du tout numérique.

Un référenceur indépendant qui cartonne avec les artisans

Marcel Boulard a depuis accompli bien du chemin. Ses débuts, timides et catastrophiques, lui ont permis de comprendre et d’assimiler les ficelles du métier de référenceur :

« Ce n’était pas aussi facile que ça en avait l’air de gagner de l’argent avec des sites internet. Pendant longtemps, je n’ai vu arriver aucun euro. Je ne trouvais même pas mes sites sur Gougle (NDLR : il semblerait que l’intéressé ait voulu dire « Google »). Il a fallu que je me renseigne sur le référencement naturel pour savoir comment arriver sur la première page ».

C’est le début d’un long parcours du combattant pour Marcel, qui ne sait absolument pas vers qui ou quoi se tourner. Après avoir épluché les forums de Webrankinfo et décortiqué les blogs d’Axe Net et de Laurent Bourrelly, le poissonnier se tourne vers le côté obscur de la Force en s’inscrivant sur le forum de Code SEO sous le nom de Merlulu.

« J’ai beaucoup appris là-bas. Pendant plus de 30 ans, je suis resté enfermé dans mon petit train-train sans soupçonner un seul instant qu’il y avait des trucs autrement plus intéressants que des cabillauds, des saumons ou des sardines ».

En mai 2013, Marcel saute le pas et se lance en indépendant. Une situation difficile à vivre pour sa femme, Simone, qui ne comprend comment son époux a pu changer du tout au tout en quelques heures à peine :

« Marcel a abandonné la Dorade Poilue (NDLR : nom de la poissonnerie des Boulard à Chabiche-les-Vallons) du jour au lendemain. Pendant quelques temps, j’ai cru que c’était rien qu’une mauvaise passe, qu’il reprendrait vite son tablier pour venir vendre nos poissons derrière le comptoir avec moi, comme au bon vieux temps. Mais il a jamais revenu. Le Marcel, il restait des journées entières dans la chambre avec son nouveau ordinateur, à glander sur l’internet. Ça me mettait en rage. J’en étais rendu à presque le quitter une fois ».

Heureusement pour Marcel, les affaires cartonnent. Grâce au bouche à oreille, l’ex-poissonnier parvient très vite à se constituer une clientèle fidèle et qui, surtout, n’hésite pas à poser de l’argent sur la table pour se faire référencer.

« Vous savez, mes clients sont quasiment tous des artisans du coin, comme mon copain Polo. Il est paysagiste, je lui ai fait un site bien référencé. Essayez donc, vous allez voir qu’il est premier sur "paysagiste Chabiche-les-Vallons" ! ».

Quand nous avons demandé à Marcel s’il n’a jamais rencontré de problèmes particuliers dans l’exercice de son nouveau métier, ce dernier s’est contenté de rire :

« Bon Dieu non, quand on est sérieux on arrive à tout. Pour tout vous dire, je suis l’un des rares référenceurs à pouvoir afficher un taux de satisfaction de 99%, et les autres peuvent pas en dire autant. Tous mes clients sont très contents de voir qu’ils sont premiers sur Gougle ».

Les marchés, un endroit inhabituel où trouver de nouveaux clients

En dépit de sa reconversion, Marcel n’a cependant pas perdu tous ses réflexes d’antan. Tous les dimanches, dès 6h00 du matin, le poissonnier installe son stand sur la place du village pour prospecter de nouveaux clients. Un ordinateur portable, quelques écrans supplémentaires et des pancartes posées sur des tréteaux : cela suffit amplement à Marcel pour expliquer son métier et effectuer quelques démonstrations.

« Les gens du coin sont très surpris de voir les artisans locaux ressortir en top position », nous explique Marcel, preuve à l’appui. « Il y a deux semaines, une dame a été séduite par mon travail et m’a demandé un devis pour savoir combien ça allait lui coûter, de créer un site de coiffure. Hier, elle a pu constater qu’elle était première sur "coiffeuse Bauchy-l’Etang". Elle m’a envoyé une boîte de chocolat pour me remercier, en plus du prix de la prestation. J’ai l’impression d’être utile et d’aider les gens – ce qui n’était pas vraiment le cas avant. Les gens venaient, achetaient du poisson et repartaient… et c’était tout ».

L’équipe d’Actu SEO a pu constater d’elle-même l’incroyable engouement des habitants du village pour ce petit référenceur indépendant. Dès 7h00, les premiers badauds se sont précipités vers le stand de Marcel, une étincelle de curiosité dans le regard, aux cris et interpellations de ce dernier :« Ils sont beaux mes liens ! Ils sont frais ! Venez voir mes beaux liens ! ». Lorsque nous avons demandé à Marcel si cela avait un sens de vendre du SEO sur un marché, le cinquantenaire a esquissé un sourire :

« Je sais que ça peut paraître étrange à certains confrères, mais ça fonctionne vraiment. C’est une façon pour moi de conjuguer savoir-faire artisanal et métier moderne ; les gens sont un peu moins perdus, et puis ça les fait rire ».

La méthode de Marcel semble effectivement fonctionner puisque récemment, un autre référenceur est venu installer son stand sur le marché. Léonin, 26 ans, est dans la profession depuis 7 ans maintenant. Séduit par les principes et la sincérité de Marcel, le jeune homme, qui vient de lancer son agence, mêle ses cris à ceux de l’ancien poissonnier pour rechercher de nouveaux clients : « Backlinks optimisés ! Annuaires safes ! Textes à trou ! Spinning ! ». Une concurrence qui ne semble pas faire peur à Marcel :

« C’est un petit nouveau, il ne connait pas grand-chose. Dans un mois, il fera les marchés ailleurs. C’est moi le champion de Chabiche-les-Vallons ».

14h00, Marcel remballe son équipement et plie bagages : le marché est terminé. Dans le veston de sa chemise, trois nouvelles cartes de visites : ce sont celles que lui ont laissées des clients potentiels. Pas peu fier de son succès, l’homme nous adresse un clin d’œil malicieux :

« Si vous avez besoin d’un coup de main pour votre site, n’hésitez pas les gars ».

Une offre que tout prospect devrait prendre très au sérieux.


Laurent Saint-Brice :
Poète maudit et amateur de littérature scandinave, Laurent vit actuellement aux Etats-Unis où il enseigne la métaphysique de la pensée jungienne à West Point.

4 commentaires

  1. Où le trouver ?
    j'aimerais très sincèrement travailler avec un quelqu'un qui connait le métier de poissonnier !

    et je cherche un presta en ce moment donc vraiment, c'est l'occasion :)

  2. M. Boulard est un homme de la vieille école, aussi ne dispose-t-il pas de site internet. Vous pouvez lui écrire à l'adresse suivante : 4 rue Plouzané, 07145 Chabiche-les-Vallons. M. Boulard peut également recevoir des pigeons voyageurs.

  3. Gravatar [petit spameur] Santé nature innovation // jeudi 27 août 2015 @ 12:14

    On trouve difficilement des articles de cette qualité ! bravo

  4. L'an 2000 à Chabiche-les-Vallons ...

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Quelle est la deuxième lettre du mot qmnhvq ? :